« Le numérique, avenir de l’entreprise culturelle ? » : en Région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Forum interroge les transformations numériques

Publié le 11.12.2018
C’est au sein du Théâtre Joliette que se déroulera le 14 décembre prochain le Forum Entreprendre dans la Culture en Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’occasion de porter un regard croisé sur une programmation tournée vers les transformations numériques dans les entreprises culturelles, avec Nathalie Anton, directrice de L’Arcade (Agence régionale des arts du spectacle et de la culture), et Emmanuelle Queyroy, du Pôle Développement de l’agence.


1/ Il est beaucoup question dans votre programmation de « nouveaux usages », de « nouveaux publics », de « nouveaux modèles », de « nouveaux métiers »….voire d’une création artistique « à réinventer ». Le constat que vous semblez faire est celui d’un renouvellement nécessaire.

Emmanuelle Queyroy : Nos intitulés d’ateliers sont volontairement radicaux afin de favoriser le débat. Mais le constat n’est pas aussi pessimiste. Nous avions simplement la volonté de mettre l’accent sur cette question des nouveaux usages apparus grâce au numérique.


Nathalie Anton : Ce ton reflète également un changement de cap. C’est la 4e année que l’Arcade porte le Forum Entreprendre dans la Culture, il nous semblait pertinent de renouveler l’événement, tant sur sa forme que son contenu : une seule journée autour d’une thématique centrale et une programmation recentrée sur notre public, les professionnels du spectacle vivant en Région Sud.


E. Q. : L’idée est d’amener les acteurs culturels du territoire à s’interroger sur leurs pratiques. Quels sont les usages qui ont le plus évolué ? Comment se réorganiser face à ces transformations numériques ? Le Forum a ainsi été pensé comme un véritable temps de travail collectif.


Le Forum s’inscrit dans la continuité de l’action de l’Arcade, comme un temps de questionnement, un outil d’accompagnement et une démarche de co-construction avec les professionnels à l’échelle locale


2/ Quatre ateliers en matinée et un « Grand Débat » organisé dans l’après-midi. Pourquoi avoir choisi ce format peu commun ?

N.A. : Nous avons d’ores et déjà expérimenté les formules plus classiques du Forum, avec ateliers pratiques ou speed meetings. La programmation de cette édition 2019 se veut le reflet d’une approche différente où la priorité était de retravailler le lien avec le territoire à travers une thématique concrète, qui parle à toutes les entreprises culturelles. Les thématiques abordées dans la journée seront d’ailleurs développées par l’Arcade au cours de l’année 2019.


E. Q. : Tous construits sur un mode participatif, les quatre ateliers du matin feront chacun appel à 4-5 intervenants. Le « Grand Débat », en lien avec les questions traitées lors des ateliers de la matinée, sera lui aussi participatif grâce à un dispositif de tweet wall pour faciliter et ouvrir les échanges avec la salle.

Pour préparer et accompagner ces échanges en amont, nous avons par ailleurs créé un groupe Facebook professionnel « Culture et numérique ». Il a permis d’informer et de partager de la ressource sur les thématiques du Forum, mais aussi d’amorcer des réflexions ou de créer des sondages sur certaines thématiques. Son succès ne trompe pas : le groupe compte déjà plus de 200 membres !


N.A. : C’est d’ores et déjà une satisfaction de ce Forum nouvelle formule : lorsqu’on voit l’engouement autour du groupe Facebook professionnel ou la composition des inscriptions déjà enregistrées, on constate que les directeurs de lieux ou les programmateurs de festivals sont plus présents que les années précédentes. Les acteurs culturels locaux se sentent davantage concernés, c’était le but recherché.


3/ À regarder de plus près votre programmation, on se rend compte que vous accueillez certains intervenants qui ne sont pas de la Région Sud, fait rare pour un Forum régional. Souvent, ces intervenants nationaux n’en sont pas à leur première participation à vos côtés. Quel est le but recherché ?


E.Q. : Ce sont la parole et l’expérience des intervenants qui comptent. Cette année, ils viennent de notre région, mais aussi de Nantes, Rennes, Paris, Lyon… L’invitation d’intervenants extérieurs à la région, c’est quelque chose que nous avons déjà expérimenté sur les précédentes éditions du Forum. Avec parfois le retour de certains intervenants, à l’image de Vincent Carry par exemple, qui y avait participé il y a trois ans. Il nous a paru intéressant de voir en quoi son modèle d’entrepreneuriat culturel a pu évoluer en 3-4 ans. Les structures de spectacle vivant ne tiennent plus nécessairement les mêmes discours qu’il y a quelques années sur les questions économiques et numériques.


N.A. : Certains de nos partenaires locaux seront également acteurs du Forum, en qualité d’intervenants ou de modérateurs. Ce sera le cas par exemple de Seconde Nature, association aixoise qui soutient et diffuse les expressions artistiques électroniques et numériques, et Zinc, centre de création des arts et des cultures numériques, coordinateurs de « Chroniques », une biennale des imaginaires numériques, qui s’inscrit dans une véritable co-construction avec le Forum.


Le Forum est là pour partager des constats, mettre en lumière de nouvelles pratiques et surtout définir les pistes de travail à venir


4/ Votre approche privilégie naturellement le spectacle vivant, l’organisation du Forum au cœur du Théâtre Joliette n’est d’ailleurs certainement pas un hasard. Quels sont les enjeux numériques pour ce secteur culturel spécifique, particulièrement marqué par la thématique des publics ?

N.A. : Le choix du Théâtre Joliette est symbolique à plus d’un titre : il reflète notre cœur de mission, celui du spectacle vivant, et inscrit le Forum dans le nouveau quartier Euroméditerranée, marqué par une forte culture entrepreneuriale. Ouvrir les portes du Forum à Marseille nous semblait également important après trois éditions localisées à Aix-en-Provence.


E.Q. : L’apparition de nouveaux usages numériques a bouleversé en profondeur le fonctionnement, les organisations et la relation aux publics des acteurs culturels, et particulièrement des lieux de diffusion. L’exemple du théâtre de Loire-Atlantique, Le Grand_T, est éclairant à ce sujet. Ses directeurs nous expliqueront comment les équipes ont retravaillé toute l’organisation interne de la structure à partir de la question de la relation aux publics.


N.A. : Le numérique instaure d’autres types de relations, il met du transversal, recrée des chaînes de valeur. Dans le cadre du Forum, le thème va nous servir en réalité de prétexte pour aborder toutes ces questions essentielles pour notre secteur, en nous mettant collectivement au travail : artistes, financeurs, directeurs de lieux, chercheurs…


Découvrez toute la programmation du Forum Entreprendre dans la Culture en Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur sur www.entreprendre-culture-regionsud.com


Les vidéos du Forum Région Sud-Provence-Alpes Côte d'Azur

Partenaire média du Forum Entreprendre dans la Culture,  Cultureveille est allé à la rencontre de toutes celles et ceux qui se sont interrogé.e.s sur la thématique des transformations numériques dans le secteur artistique et culturel : 


Eli Commins, chargé de la coordination de la politique numérique au ministère de la Culture, et Eric Minh Cuong Castaing, chorégraphe et directeur artistique de Shonen, éclairent les liens qui unissent technologies numériques et travail de création

Eli Commins (ministère de la Culture) et Éric Minh Cuong Castaing (chorégraphe et artiste)


Développer les publics : nouveaux publics ou nouveaux usages ? avec Juliette Kaplan, directrice du pôle Public et communication au Théâtre Le Grand T, et Pierre Beffeyte, fondateur de l’application To see or not to see

Développer les publics : nouveaux publics ou nouveaux usages ?, avec Juliette Kaplan (Théâtre Le Grand T) et Pierre Beffeyte (To see or not to see)


Vous souhaitez en savoir plus ?  Retrouvez tous les entretiens diffusés par Cultureveille à l'occasion du Forum Région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur