Prix IFCIC : l’entrevue flash des Libraires Volants, service de remplacement en librairie

Publié le 13.05.2019
Leslie Vega est directrice des Libraires Volants, lauréats du prix IFCIC-Entreprendre dans la Culture 2018, qui couronne chaque année des initiatives entrepreneuriales remarquables par leur originalité, leur mode d’organisation ou leur engagement responsable. Elle a accepté de répondre à une entrevue flash, questionnaire de Proust version innovation culturelle : dix questions rapides pour mieux connaître ce service unique de remplacement en librairie.

Les Libraires Volants en une phrase , c’est…

La solution de remplacement en librairie qui permet d’envisager les imprévus avec un peu plus de sérénité et le quotidien avec tranquillité.


Un exemple récent qui résume le mieux votre service ?

Un libraire travaillant seul dans sa librairie est rentré aux Libraires Volants pour profiter de son congé paternité. Bien sûr, il avait anticipé et lorsque sa femme a accouché, un Libraire Volant a pu prendre la main à la librairie sans problème, ce qu’il a fait la durée prévue.

Malheureusement, le jour où le libraire adhérent devait reprendre le travail, son enfant a dû être hospitalisé. Il m’a envoyé un texto le matin, à 8h, pour me prévenir qu’il avait passé la nuit aux urgences et demandait si le Libraire Volant pouvait continuer sa mission. Ces cas sont prioritaires. À 10h, sa librairie ouvrait normalement et le nouveau papa pouvait s’occuper tranquillement de son enfant.


L’idée des Libraires Volants : révélation ou processus de longue haleine ?

C’est une évidence quand on a eu sa propre librairie et/ou quand on connaît des libraires.


Votre principale source d’inspiration ?

Le service de remplacement des agriculteurs, qui existe depuis la fin des années 1960. Et le bon sens !


Les Libraires Volants n’auraient jamais existé sans…

Nathalie Roux de l’EPEC (ex Maison de l’Emploi de Paris) et Delphine Blondin du GE Paris Culture. Elles ont toutes deux œuvré au tout début du projet, ce moment parfois ingrat où l’on trouve que l'idée est bonne mais où personne ne veut se mouiller. Elles ont su faire preuve de persévérance.


Votre vision de l’innovation culturelle ?

Elle doit être au service de l’humain, des gens. Elle doit créer du contact, du lien. Pas du virtuel mais du réel. Celui où l’on se rencontre pour de vrai, on partage, on échange en face à face. Où l’on s’écoute, on se respecte, on se remercie. Où l’on se félicite et se réjouit de cette nouvelle découverte. Pour moi, l’innovation n’est pas obligatoirement technologique.


Le conseil que vous donneriez à un porteur de projet en voie de création d’entreprise ?

De l’audace, de la détermination, de la bonne humeur. On n’a pas toujours les trois en même temps, mais quand on les a, on casse la baraque !


Votre dernier conseil lecture donné à un client ?

En adulte, « La Voisine » de Yewande Omotoso (Éditions Zoé). L’histoire de deux vieilles femmes en Afrique du Sud aux parcours très différents qui, après des années de voisinage haineux, vont se redécouvrir. Et en jeunesse, « Le Royaume de Pierre d’Angle » de Pascale Quiviger (Éditions du Rouergue), un vrai roman d’aventure que l’on n’arrive pas à lâcher avant la fin et que l’on termine avec tristesse.


Votre rêve le plus fou avec les Libraires Volants, ce serait que...

Les Libraires Volants soient accessibles partout en France ! Je dis bien partout, pas seulement en France métropolitaine mais aussi dans toutes les librairies francophones du monde entier.


S’il fallait trouver un slogan pour les Libraires Volants, ce serait…

Les Super Héros du quotidien ?